Le chat-pitre 37, ou la découverte d’une nouvelle espèce, l’HOMO ERASMUS

      Mes chers coriaces lecteurs qui remplissez mon cœur d’une joie incommensurable que seule la dégustation d’un kinder country pouvait égaler du temps où je ne me prenais pas encore le chou-fleur à calculer l’impact de chacun de mes actes sur cette

humour Zero déchet
La Famille Zéro Déchet, à lire !!

planète. Cette belle époque où je m’en foutais de bouffer des nuggets en paquet, du chocolat Nestlé, des œufs de poules en cagettes, du steak haché rose vif, des pâtes fourrées au gluten et même des knackis Eco +. Cette époque formidable où je me nourrissais le midi exclusivement de Penguins, me délectant de ce chocolat et de ces devinettes SO BRITISH (What is Penguin’s favourite movie ? FROZEN ! Mouahah, amis non linguistes, feuilletez le dico), je veux bien sûr parler de ce moment qui a bouleversifié mon existence (rien que ça !)  : mon séjour Erasmus ! (Oh non, elle nous ressort des vieux dossiers, et en latin en plus ! Moi je me remets devant Canal Plus !)

 

           Eh oui ! A la recherche d’une thématique dans l’air du temps sur les très sérieux sites d’informations, j’ai longuement hésité à parler des grèves en prévision, du salon de l’agriculture et de la nouvelle poulette de Jupiter, des tweeteries de Trump ou de ma dernière passion pour les bocaux vides… Mais ça n’invitait pas forcément au voyage. Mais lorsque l’inspiration n’est pas au rendez-vous, on peut toujours compter sur ses étudiants pour vous insuffler une onde d’énergie qui vous submerge comme la vague de froid qui s’est abattue sur la France et qui a tellement fait la une des journaux que j’avais même songé, dans mon désespoir, à écrire un chat-pitre pour prodiguer des conseils hautement avisés et pour le moindre, outrecuidants, pour survivre à cet effroyable phénomène qui arrive bizarrement, toujours en hiver.

 

 

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 Spoiler, ne jamais oublier son bonnet. Cet étudiant donc, revenait d’un séjour  Erasmus et en avait conclu philosophiquement, d’une voix feutrée, « oui, bon, étudier, on sait tous que c’est un prétexte ». Alors que j’allais m’offusquer, repensant à ces heures de travail acharné fournies un jour avant la remise des devoirs, j’ai revu défiler devant mes yeux mon séjour à Nottingham et s’aligner le nom des  trentaines de pubs visités…

 

 

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            Cette obsession pour Erasmus, je l’avais chopée de manière totalement déloyale en regardant le film « L’auberge espagnole » de Cédric Klapisch qui dépeignait les tribulations de Xavier, un jeune étudiant en économie, fraîchement débarqué dans la tournoyante ville de Barcelone. Ce jour-là, je savais que moi aussi, one day,  je me farcirais une maison remplie de canettes et de colocataires de toute l’Europe, de l’autre côté de la Manche. Si vous ne connaissez pas ce film, je ne peux plus rien pour vous mes biquettes, mais si le concept vous échappe : Erasmus permet en gros à des étudiants, et ce maintenant, dès la deuxième année de licence, de partir en échange dans une autre université d’Europe pour un semestre ou pour l’année entière. Cet audacieux projet a  vu le jour en 1987, l’année de ma naissance, si ça c’était pas un alignement des comètes pour que j’y participe moi aussi, le moment venu, lorsque mon foie serait prêt à encaisser un minima de 5 pintes dans la même soirée!!

 

 

 

erasmus

               Car, qu’on se le dise, ce n’est pas le poids des études qui étouffe l’Homo Erasmus. Il a bien d’autres choses à gérer  : maintien de l’ordre et des conventions sociales, rencontres avec ses homologues européens, apprentissage de la langue locale (et des signes en fin de soirée),  comptabilité (douloureuse quand on ne prend par pragmatisme que sa carte bancaire sur soi et qu’on téléphone depuis son portable en France), immersion dans la culture du pays et dans ses décoctions traditionnelles, sommets houleux de colocataires sur le partage des tâches, repérage du système routier et ferroviaire pour s’échapper aux alentours, bref, l’Homo Erasmus est porteur d’un message d’amour et de fraternité propagé à travers les nombreux verres de houblon partagés entre deux phrases bredouillées dans un anglais scandaleux pour les oreilles britanniques « cheeeeerze tou eusse, maille friendzes ! »

                 Vous l’aurez compris, ce chat-pitre pour rendre un hommage à ce putain d’Erasme, dont on a emprunté le nom pour cette belle initiative qui m’a permis à moi personnellement de vivre dans une cacophonie permanente pendant un magnifique semestre, de vivre sous le même toit qu’un Anglais, qu’une Indienne et qu’un Australien, entourés de Belges, d’Allemands et d’Espagnols, d’étudier la littérature américaine et de tomber amoureuse des « Films Noirs », de me perdre 100 fois dans les transports mais de toujours retrouver un chemin jusqu’à mon home sweet home, de marcher des kilomètres les bras chargés de sacs de courses parce que j’ai encore une fois loupé le bus, de préparer un gâteau infect à une dizaine d’invités, de découvrir ma féminité en osant une robe sur t-shirt long et collants épais (et de me faire insulter), de nouer des amitiés fortes, de faire la maligne en commandant des bières inconnues et de regretter pendant 3 heures la pinte bien opaque sur mon rond de verre, de manger du riz en sachet congelé et d’en être totalement satisfaite, de rire à gorge déployée devant Flight of The Conchords même si j’en comprenais pas la moitié, de faire des exposés en anglais devant un audimat crispé par mon accent, d’arborer fièrement un pull turquoise à l’effigie de ma fac, de me déguiser en zombie et d’avoir plus de succès que jamais, de me payer une vitrine de magasin, de pisser du sang, et de continuer la fête, l’air de rien, un gros pansement sur le pif, les yeux cerclés de cernes post-choc,  de m’éclater sur du Boyzone et de le revendiquer fièrement…

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Dessin d’Isabelle Clément

        Alors, je ne sais pas si cela a aidé sur mon CV et si c’est la petite ligne « Erasmus à Nottingham » qui a poussé mes futurs employeurs to trust me parce qu’être open-minded est un true asset, à vrai dire, je m’en contrefiche. Et peut-être bien qu’étudier est une excuse en Erasmus… En tout cas, c’en est une bonne, pour réellement se rencontrer. Il n’y en a donc aucune, pour ne pas tester !

Sur cette ode à l’échange, dans cette ère de crispationeeuh, je vous souhaite un bon week-end et qu’un vent de folie vous emporte car, comme dirait ce cher Didier Erasme  » C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous » !

PS : Pour tous les jeunes qui souhaitent partir répandre l’amour et la solidarité dans des universités européennes, voici un lien qui résume le programme en quelques points utiles :

http://etudiant.aujourdhui.fr/etudiant/info/programme-erasmus.html

Re PS : Pour tous les autres, trop vieux pour étudier en Erasmus, ne perdez pas espoir !

http://mashable.france24.com/monde/20180216-miguel-81-ans-erasmus-espagne-italie

 

 

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